28. mars 2026

Paris Antifasciste / 8 au 10 mai 2026

Il est des moments où il ne s’agit plus simplement d’analyser la situation, mais d’y répondre. Les 8, 9 et 10 mai prochains s’inscrivent dans cette nécessité. Ce week-end ne sera pas un rendez-vous de plus. Il doit être un point d’appui, un moment de clarification politique et un temps de mobilisation à la hauteur de la période.

Chaque année, au mois de mai, des groupes néonazis défilent dans Paris. Ils viennent de toute la France et de toute l’Europe, se rassemblent derrière des symboles fascistes, revendiquent une histoire faite de violences et d’exclusions, et occupent l’espace public pour affirmer leur projet politique. Et chaque année, ce défilé est autorisé, encadré, protégé.

Il faut nommer les choses clairement. Ce n’est pas une anomalie. C’est une réalité politique. Cela dit quelque chose de l’état du rapport de force. Cela dit quelque chose d’un pouvoir qui tolère, banalise, et parfois accompagne la progression de l’extrême droite, tout en réprimant celles et ceux qui s’y opposent.

Dans le même temps, l’antifascisme est attaqué, disqualifié, criminalisé. On tente de le réduire à une posture, de le renvoyer dos à dos avec ceux qu’il combat, d’effacer la différence fondamentale entre un projet d’émancipation et un projet de domination.

Nous refusons cette confusion et nous refusons la neutralisation politique qu’elle produit. Mettre sur le même plan celles et ceux qui organisent la haine et celles et ceux qui y résistent n’est pas une erreur d’analyse. C’est une stratégie. Une stratégie visant à désarmer, à isoler, à rendre illégitime toute forme de riposte. Nous ne l’acceptons pas.

Nous affirmons une ligne claire, sans compromis.

Le fascisme n’est pas une opinion. C’est une entreprise politique de destruction. Il organise la hiérarchie entre les vies, légitime la violence, écrase toute opposition et vise à anéantir toute perspective d’émancipation. Il ne débat pas, il avance. Il ne discute pas, il impose. Il ne se combat pas dans les mots seuls, mais dans les rapports de force.

L’antifascisme, en ce sens, n’est pas un positionnement moral. C’est une pratique politique. Une pratique qui s’organise, qui s’ancre, qui agit. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais d’empêcher. Pas seulement de réagir, mais d’anticiper. Pas seulement de s’indigner, mais de protéger, de structurer, de faire reculer.

C’est dans cette perspective que nous appelons à un week-end antifasciste, antiraciste et anticolonial les 8, 9 et 10 mai à Paris.

Antifasciste, parce que nous refusons toute présence organisée de l’extrême droite dans l’espace public. Refuser sa banalisation, c’est refuser son existence politique visible. C’est refuser ses marches, ses implantations, ses démonstrations de force. Cela signifie affirmer clairement qu’il n’y a pas de place pour les fascistes, ni à Paris, ni ailleurs, et que cette affirmation doit se traduire concrètement.

Antiraciste, parce que le fascisme se construit toujours sur la désignation d’ennemis intérieurs, sur la production de boucs émissaires, sur la hiérarchisation des vies. Il ne peut exister sans racisme. Le combattre implique donc de s’attaquer à toutes ses formes, des plus visibles aux plus institutionnalisées.

Anticolonial, parce que les logiques de domination qui nourrissent le fascisme s’inscrivent dans une histoire longue, faite de conquêtes, d’exploitation et de violences. L’extrême droite ne fait que radicaliser ces héritages. L’antifascisme conséquent ne peut donc être qu’anticolonial, c’est-à-dire tourné contre toutes les formes de domination héritées et reproduites.

Ce triptyque n’est pas un slogan. C’est une ligne politique. Une cohérence stratégique. Une manière de comprendre le monde pour mieux le transformer.

Le fascisme ne surgit jamais par accident. Il se développe dans les failles du système. Il prospère sur les inégalités, sur la précarité, sur la désorganisation des classes populaires. Il avance lorsque les solidarités sont brisées, lorsque les droits reculent, lorsque la peur devient un outil politique.

C’est pourquoi l’antifascisme ne peut pas être isolé. Il est indissociable de la lutte contre les discriminations, contre les violences d’État, contre les politiques qui organisent la division et contre toutes les formes d’exploitation. Il ne s’agit pas d’un combat périphérique. Il s’agit d’un axe central.

Dans ce cadre, ce week-end doit être un moment de convergence et de montée en puissance. Un moment où les forces se rencontrent, s’articulent, se renforcent. Un moment où l’on cesse d’être dispersés pour commencer à peser.

Occuper l’espace public, ce n’est pas symbolique. C’est politique. Se coordonner, ce n’est pas technique. C’est stratégique. Construire un rapport de force, ce n’est pas une option. C’est une nécessité.

Mais cet appel ne peut pas s’arrêter aux frontières de Paris. Le fascisme ne connaît pas de limites administratives. Il s’organise partout, s’implante partout, teste partout les seuils de tolérance. Là où il n’est pas confronté, il progresse.

C’est pourquoi nous appelons, dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque territoire, à s’emparer de ces trois jours pour en faire un moment d’organisation réel. Il ne s’agit pas de suivre un centre, mais de multiplier les foyers de résistance. De créer des dynamiques locales. De structurer des présences durables.

Faire vivre l’antifascisme concrètement, c’est rompre avec l’isolement. C’est construire des collectifs capables d’agir, de répondre, de protéger. C’est rendre visible une force qui ne se contente pas de subir, mais qui impose ses propres conditions.

Parce que la question n’est pas seulement de répondre à un défilé. La question est de faire reculer l’extrême droite partout, durablement, et d’empêcher son enracinement. Il ne s’agit pas seulement d’être contre. Il s’agit de faire exister la Riposte Populaire.

Faire exister des solidarités concrètes. Faire exister des espaces d’organisation. Faire exister une force collective capable de peser. Nous le disons sans détour. Pas de nazis dans Paris. Pas de nazis ailleurs. Pas de place pour l’extrême droite, nulle part.

Les 8, 9 et 10 mai doivent être un moment où cette ligne devient visible, tangible, collective.

Riposte Populaire appelle chacune et chacun à prendre part à ce week-end, à le relayer, à l’organiser, à s’en saisir pleinement.

Parce que face à un ordre qui tolère la haine et réprime les résistances, il n’y a pas de neutralité possible. Nos solidarités sont notre force. Notre organisation est notre levier. Notre riposte est nécessaire.

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