L'antifascisme est vitale

Marseille, 31 juillet 2025

L’antifascisme n’est pas pour nous un drapeau de circonstance. Ce n’est pas un réflexe moral, ni une posture commode pour temps troublés. Ce n’est pas une indignation passagère que l’on agite quand le vent tourne puis que l’on oublie lorsque l’orage semble s’éloigner.

 

L’antifascisme est une nécessité. Il est la condition première pour que des femmes, des hommes et des enfants puissent simplement vivre. Vivre sans peur de la rue, sans peur du voisin, sans peur de demain. Vivre en ayant le droit d’aimer, d’apprendre, de travailler, de créer, de penser librement.

 

Sans antifascisme, il n’existe ni liberté réelle, ni égalité possible, ni paix durable. Car le fascisme n’est pas une opinion dans le grand marché des idées. Il est la négation même de ce marché. Il ne cherche pas à convaincre. Il cherche à soumettre.

 

L’histoire nous l’enseigne avec une régularité tragique. Lorsque les injustices s’accumulent, lorsque les inégalités deviennent insupportables, lorsque l’ordre économique vacille sous le poids de ses propres contradictions, alors les puissants cherchent une issue. Et cette issue, trop souvent, prend la forme de la peur organisée.

 

Le fascisme surgit comme l’ultime recours d’un ordre qui se sent menacé. Il détourne la colère sociale. Il la redirige vers les plus vulnérables. Il transforme la détresse en haine. Il transforme la peur en méthode politique.

 

Au lieu de regarder vers ceux qui concentrent les richesses et le pouvoir, il désigne des ennemis commodes. Les migrants. Les minorités. Les pauvres. Les habitants des quartiers populaires. Les personnes racisées. Les personnes LGBTQIA+. Les personnes porteuses et/ou en situation de handicap. Toutes celles et ceux dont l’existence même contredit le fantasme d’un monde uniforme et autoritaire.

 

Le fascisme ne débat pas. Il accuse. Il stigmatise. Il traque. Il humilie. Il isole. Il transforme des voisins en suspects et des vies humaines en cibles.

 

Nous savons par l’histoire et par l’expérience qu’on ne compose pas avec ceux qui veulent faire taire des peuples entiers. On ne négocie pas avec ceux qui rêvent d’expulser des familles, d’effacer des quartiers, de briser des mouvements sociaux, de réduire au silence celles et ceux qui refusent de plier.

 

Le fascisme n’attaque pas seulement des individus. Il attaque tout ce qui fait respirer une société. Il s’en prend à la solidarité, à la culture, à la pensée critique, à l’organisation collective. À tout ce qui permet aux peuples de se lever et de se défendre.

 

Voilà pourquoi l’antifascisme est au cœur de la Riposte Populaire.

 

Parce que nous avons vu ce que produisent la banalisation de la haine, les campagnes de harcèlement, les relais médiatiques complaisants, les discours sécuritaires qui habituent peu à peu les esprits à accepter l’inacceptable.

 

Parce que nous savons que si les peuples ne se défendent pas eux-mêmes, personne ne le fera à leur place.

 

L’autodéfense populaire n’est pas une posture spectaculaire. C’est une responsabilité collective. C’est la capacité d’une société à dire clairement qu’il existe une limite que la barbarie ne franchira pas.

 

C’est la capacité des habitants d’un quartier à protéger les leurs. Des collectifs à se soutenir. Des travailleurs à refuser la division. Des militants à se tenir debout face à l’intimidation.

 

L’antifascisme n’est pas seulement une réaction. Il est une construction. Il est la force tranquille d’un peuple qui refuse de céder à la peur. Il est l’organisation patiente des solidarités. Il est la conscience partagée que la liberté de l’un dépend de la liberté de l’autre.

 

C’est aussi pourquoi l’antifascisme ne peut être séparé de l’anti-impérialisme. Les logiques de domination qui écrasent des peuples ailleurs nourrissent toujours la brutalité politique ici. Les guerres menées au nom des intérêts économiques et stratégiques sèment la violence, la misère et les divisions dont se nourrit ensuite l’extrême droite.

 

L’antifascisme véritable est donc internationaliste. Il refuse que les peuples soient dressés les uns contre les autres. Il affirme que la dignité humaine ne connaît ni frontière ni hiérarchie.

 

Il est pluriel parce que les peuples le sont. Il est populaire parce qu’il naît dans les rues, dans les luttes sociales, dans les solidarités concrètes qui se tissent chaque jour entre celles et ceux que l’ordre dominant voudrait isoler.

 

Nous affirmons que le fascisme doit être combattu partout où il se manifeste.

 

Dans les institutions lorsqu’il avance sous couvert d’ordre et de sécurité. Dans la rue lorsque des groupuscules testent leur violence. Dans les médias lorsque certains normalisent ses obsessions. Dans les discours politiques qui désignent les pauvres, les migrants ou les minorités comme responsables de crises qu’ils n’ont pas créées.

 

Dans chaque espace où la haine cherche à se glisser.

 

Défendre celles et ceux que l’extrême droite vise, c’est défendre l’humanité toute entière. C’est défendre la vie contre la barbarie, la solidarité contre l’isolement, la liberté contre la peur.

 

L’antifascisme n’est pas une option politique parmi d’autres. Il est la ligne de survie d’une société qui refuse de s’agenouiller.

 

Il ne se porte pas selon les saisons. Il structure nos engagements, nos solidarités, notre vigilance.

 

Face à la haine, il n’existe pas de neutralité. Il n’y a que deux chemins. La résignation ou la résistance.

 

Nous avons choisi la résistance.

 

Chaque jour. Ensemble. Parce que nous n’abandonnerons jamais celles et ceux que l’extrême droite voudrait faire disparaître du monde visible.

 

Ainsi nous le répétons avec clarté. L’antifascisme est vital. Parce qu’il rend possible tous les autres combats. La justice sociale. L’égalité réelle. La défense des peuples. La préservation de la planète. La dignité humaine.

 

Là où l’antifascisme vit, la peur recule et la solidarité avance.

 

Et c’est dans ces mouvements vivants que nous choisissons de marcher.

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