Manifeste de fondation
de la Riposte Populaire
Marseille, 31 juillet 2025
Nous naissons du tumulte et du silence.
Du tumulte des rues où grondent la colère et la révolte, du silence des campagnes abandonnées, des usines fermées, des vies précarisées. La Riposte Populaire est l’enfant de ce temps brisé et de cette promesse intacte. Elle s’élève pour rappeler qu’un peuple debout peut toujours écrire une autre histoire.
Tout autour, les puissants s’enrichissent en détruisant nos vies et notre planète. L’extrême droite prospère sur la peur, l’injustice s’installe comme une évidence. Mais nous savons qu’aucun ordre n’est éternel. L’avenir ne se quémande pas, il se construit par l’action collective. Ce que nous voulons n’est pas un empire nouveau, mais une humanité délivrée.
Nous voulons que la terre, la forêt, la rivière et la mer cessent d’être mutilées pour le profit de quelques-uns. Nous voulons que le pain, le toit, la dignité soient partagés entre toutes et tous. Nous voulons que le travail ne soit plus servitude, mais œuvre commune.
Il n’y a pas d’écologie sans égalité. Il n’y a pas de liberté sans solidarité. Nous refusons de choisir entre l’urgence climatique et l’urgence sociale, les deux se tiennent, et ensemble elles fondent l’avenir.
L’antifascisme n’est pas pour nous un supplément, il est l’âme même de notre combat. Car le fascisme n’est que la haine organisée contre ce qui vit, ce qui pense, ce qui s’émancipe. Il s’acharne sur celles et ceux qui incarnent la diversité de l’humanité, LGBTQIA+, croyants, racisés, handicapés, pauvres, « minorités »…Contre cette violence, il ne peut y avoir ni compromis ni silence.
Combattre le fascisme, c’est défendre la dignité de toutes et tous, c’est affirmer la solidarité comme loi du monde, protéger l’humanité commune contre la nuit de la barbarie. Nous ne parlons pas du haut d’une prétendue avant-garde. Nous ne sommes pas séparés des peuples, nous en sommes pleinement membres, avec nos vies, nos luttes, nos espérances.
La Riposte Populaire n’élève pas des chefs au-dessus de la multitude, elle appelle les masses à se lever et à s’en emparer !
Notre but est de massifier, de rassembler, d’unir toutes celles et ceux qui veulent agir. Car c’est de la masse consciente et debout que jaillit la force transformatrice. C’est dans les quartiers populaires, dans les ateliers, dans les universités, dans chaque lieu où la dignité s’arrache, que se tisse la Riposte Populaire. Elle n’attend rien d’en haut, car elle sait que l’avenir ne descend jamais en cadeau, il s’arrache par les mains de celles et ceux qui luttent.
La Riposte Populaire n’est pas un mouvement clos, mais un espace collectif, toujours ouvert, toujours vivant, toujours en construction. Elle est l’œuvre commune des peuples qui refusent l’injustice et choisissent de marcher ensemble vers un monde nouveau.
Notre héritage est celui des luttes passées, de la Commune insurgée aux résistances antifascistes, des grandes grèves ouvrières aux soulèvements populaires qui ont marqué la dignité humaine d’un sceau indélébile. Nous portons en nous cette mémoire ardente, mais nous ne l’emprisonnons pas dans un sanctuaire figé. Nous ne sommes pas des gardiens de musée.
Nous sommes les héritier.e.s d’une histoire inachevée. Nous reprenons le flambeau avec nos propres voix, nos propres urgences, nos propres rêves.
Ce qui fut cri hier devient promesse aujourd’hui, et ce que nous inventons à notre tour sera l’héritage des générations qui viendront. Ainsi, la chaîne des luttes ne se rompra jamais, mais se prolonge, se renouvelle et s’élargit, portée par la certitude que l’humanité, toujours, peut refuser l’injustice et choisir la vie.
Nous savons aussi que l’action sans réflexion s’épuise, qu’un espace collectif qui ne s’interroge plus sur lui- même se condamne à l’impuissance.
La Riposte Populaire se veut exigeante envers elle-même. Elle ne se berce pas d’illusions, elle refuse l’autosatisfaction. En pratiquant en permanence l’analyse critique de nos pratiques, non par goût du doute mais par fidélité à notre cause.
Nous savons que les victoires d’hier ne garantissent pas celles de demain, que les formes figées deviennent tôt ou tard des carcans, que les certitudes se retournent contre celles et ceux qui les brandissent comme des dogmes.
C’est pourquoi nous voulons apprendre de nos erreurs, corriger nos manières d’agir, inventer de nouvelles façons de construire et d’agir ensemble.
Notre fidélité n’est pas immobilité. Être fidèles à la lutte, c’est la faire grandir, l’approfondir, la rendre plus efficace, plus démocratique, plus enracinée. La Riposte Populaire avance en regardant lucidement ses propres forces et ses propres limites. Nous ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas, une avant-garde éclairée, un parti déjà bâti, un peuple déjà uni.
Mais nous savons que, pas à pas, par le travail patient de la réflexion collective et de la mise en commun, la masse dispersée peut se transformer en une force irrésistible. Ce n’est pas l’improvisation désordonnée qui forge un espace vivant, mais la capacité à se réinventer sans cesse, à relier la colère à la stratégie, à faire dialoguer la spontanéité et la conscience.
Ainsi, la Riposte Populaire veut être un espace collectif en mouvement, toujours ouvert, jamais satisfait, toujours en quête d’amélioration.
Car c’est à ce prix que nous pourrons tenir, durer et vaincre.
Nous appelons celles et ceux qui refusent la fatalité à rejoindre cette chaîne.
À partager leurs forces, leurs idées, leurs mains, pour bâtir une puissance collective.
Nous appelons à transformer la colère en action, l’espérance en organisation, la solidarité en victoire.
Nous ne promettons pas de chemin facile. Nous promettons une route fraternelle, ardente, critique et toujours perfectible. Une route qui ouvre, pas à pas, la brèche par laquelle surgira notre monde de demain.
Ainsi s’affirme la Riposte Populaire !
