Contre l’oubli. Vaincre le fascisme.
Le 19 mars 2022, Federico Martín Aramburú était tué par balles en plein Paris. Il avait 42 ans. Ce lundi 7 septembre 2026 marque l’ouverture du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier devant la cour d’assises de Paris. Rappeler les faits, nommer les réseaux et faire connaître ce procès relève de notre devoir antifasciste.
Ce matin de mars 2022, après une altercation dans un bar, Federico et son ami Shaun Hegarty repartent à pied. Selon la reconstitution de l’enquête, Romain Bouvier descend d’une Jeep et tire quatre fois en direction de Federico. Loïk Le Priol arrive ensuite à pied et tire à six reprises. Federico meurt sur le trottoir. Une vie arrachée, des proches confrontés à l’irréparable.

La brutalité de ces deux hommes était déjà connue. Issus du GUD, organisation d’extrême droite violente, Le Priol et Bouvier avaient participé en 2015 à l’agression d’un ancien dirigeant du groupe. Frappé, dénudé de force, humilié et menacé avec un couteau, celui-ci avait subi une violence filmée, dont Mediapart révélera des extraits en 2016. Leur condamnation pour ces faits intervient en juin 2022. Federico est alors mort depuis trois mois.
Ces parcours s’inscrivent dans une histoire politique et dans des réseaux documentés. Le Priol a fréquenté Julien Rochedy, ancien dirigeant du Front national de la jeunesse. Il apparaît également aux côtés de Jean-Romée Charbonneau, cadre historique du FN/RN et ami de son père.

Au-delà de ces fréquentations, d’anciens dirigeants du GUD ont occupé des positions importantes auprès de Marine Le Pen : Frédéric Chatillon dans les prestations de communication du Front national, Axel Loustau notamment comme trésorier de son micro-parti Jeanne et élu régional FN/RN. Marine Le Pen a depuis déclaré avoir pris ses distances avec eux.
Le changement de nom du FN en RN n’efface ni cette histoire ni ces liens.
La mort de Federico, ancien international de rugby tué au cœur de Paris, a bénéficié d’une attention médiatique importante. Cette attention est nécessaire. Elle doit aussi se porter sur les victimes moins connues, dont les agressions rencontrent trop souvent l’indifférence. Menaces racistes, intimidations, agressions homophobes et transphobes, attaques contre nos camarades et nos lieux de solidarité : les violences d’extrême droite frappent nos quotidiens. Chaque victime compte. La visibilité et la solidarité ne doivent pas dépendre d’un nom, d’une carrière ou d’une adresse.
Nous n’attendons pas de la justice d’un État ordolibéral qu’elle mène le combat antifasciste à notre place. Loïk Le Priol comparaît pour assassinat, Romain Bouvier pour tentative d’assassinat ; les accusés restent présumés innocents jusqu’au jugement. Ce procès doit établir des responsabilités pénales. Il ne démantèlera pas, à lui seul, les réseaux de l’extrême droite ni les rapports de domination qui nourrissent sa violence.

Notre force se construit dans l’organisation populaire, la solidarité et la mobilisation.
Rendre ce procès visible est donc une responsabilité collective. Parler de Federico, relayer les audiences, rappeler les faits établis et les liens documentés, exprimer notre solidarité avec ses proches : ce travail doit se poursuivre au-delà de l’ouverture du procès et de l’attention médiatique qui l’accompagne. Nous devons empêcher que cette mort disparaisse derrière le prochain titre d’actualité.
Nous ne remettons pas notre combat entre les mains de l’institution judiciaire. Nous prenons notre part : informer, organiser, mobiliser. Pour Federico et ses proches. Pour toutes les victimes de la violence fasciste.
Contre l’oubli. Vaincre le fascisme.
Le procès est annoncé du 7 au 25 septembre 2026, devant la cour d’assises de Paris, salle Voltaire. L’audience d’ouverture est fixée au lundi 7 septembre à 14h30.
